Fiche parti · Bilatérales III

Le Centre : un oui conditionnel

Le Centre accepte la base du paquet mais réclame des corrections sur l’immigration et le contrôle démocratique. Que permettent réellement les accords ?

Position recensée : Pour sous conditions
Image d’illustration : Le Palais fédéral à Berne, au bord de l’Aar
Image d’illustration, générée ou retouchée par IA · crédits

Voix citées dans nos sources

Portrait illustré de Philipp Matthias Bregy
Philipp Matthias BregyPrésident du Centre, conseiller national (VS)Cité dans : communiqué du Centre du 29.10.2025
Portrait illustré de Benedikt Würth
Benedikt WürthConseiller aux États (SG), responsable du groupe de travailCité dans : communiqué du Centre du 29.10.2025

Fonctions indiquées telles qu’elles figurent dans la source citée, à sa date. Portraits : illustrations, voir les crédits.

La position officielle

Le Centre juge le paquet négocié par le Conseil fédéral « acceptable » comme base, mais demande des corrections dans sa mise en œuvre en Suisse, surtout sur l’immigration et le contrôle démocratique. Il n’avait pas encore tranché la question du type de référendum lors de sa prise de position et réservait sa recommandation de vote à ses délégués, après les débats parlementaires.

« Das Verhandlungspaket des Bundesrats ist eine akzeptable Grundlage. »

Prise de position de consultation du 29 octobre 2025. Aucune nouvelle position officielle nationale de 2026 n’a été retrouvée lors de cette vérification.

Affirmations à vérifier et points de tension

À vérifier

« Il faut ancrer une clause de sauvegarde plus stricte dans la Constitution »

Nature de l’affirmation : Revendication politique

Ce que les sources permettent de dire : Le paquet prévoit une clause de sauvegarde dans l’accord sur la libre circulation : en cas de graves difficultés économiques ou sociales, la Suisse peut demander des mesures, avec une procédure qui passe par le comité mixte et, en cas de désaccord, par le tribunal arbitral. Une règle suisse, même constitutionnelle, peut préciser quand la Suisse active cette clause.

Limite ou contradiction : Une règle nationale ne peut pas élargir seule ce que l’accord permet. Des mesures qui iraient au-delà pourraient être contestées par l’UE et entraîner des mesures compensatoires.

À vérifier

« Il faut utiliser pleinement la marge de manœuvre de l’accord sur la libre circulation »

Nature de l’affirmation : Revendication politique, vérifiable mesure par mesure

Ce que les sources permettent de dire : La mise en œuvre en Suisse relève de la loi suisse et le Parlement peut l’adapter. Le Conseil des États a par exemple ajouté une taxe d’immigration (1er octobre 2026).

Limite ou contradiction : La marge réelle dépend de chaque mesure : le PS estime que la taxe votée au Conseil des États est contraire à l’accord. Ce point devra être tranché dans la suite de la procédure.

À vérifier

« Le Parlement doit avoir davantage de contrôle sur la reprise du droit européen »

Nature de l’affirmation : Revendication institutionnelle

Ce que les sources permettent de dire : Le paquet prévoit une participation suisse à la préparation des règles européennes (decision shaping), sans droit de vote. Chaque reprise passe ensuite par la procédure suisse : Conseil fédéral, Parlement et, selon le cas, référendum. Une représentation parlementaire permanente à Bruxelles relève d’un choix d’organisation interne.

Limite ou contradiction : Plus de contrôle en amont est possible, mais un refus de reprendre une règle garde les conséquences prévues par les accords.

À vérifier

Un parti « pour sous conditions » dont des élus votent contre

Nature de l’affirmation : Constat sur les votes

Ce que les sources permettent de dire : Selon le Parlement, quelques élus du Centre se sont systématiquement opposés au paquet lors du débat au Conseil des États (28 septembre–1er octobre 2026).

Limite ou contradiction : Le vote d’élus individuels ne remplace pas la position officielle du parti, qui reste à confirmer par ses délégués.

Conclusion provisoire

Le Centre occupe une position charnière : il accepte la base du paquet mais conditionne son soutien à la mise en œuvre nationale. La tension principale tient à la marge de manœuvre réelle : certaines demandes peuvent être satisfaites en droit suisse, d’autres se heurteraient aux règles des accords.

Sources et date de référence

Vérification éditoriale : 18 octobre 2026.